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Interview : Créatrice de mode

Créatrice de mode

Elisa Uberti (25 ans)

Styliste (depuis 3 ans)

Société: Liliza

Au cœur du quartier Faubourg des Modes de Roubaix, rencontre avec la styliste Elisa Uberti, alias Liliza, créatrice de la marque du même nom.

Parlez nous de votre cursus scolaire et de vos expériences professionnelles.

J'ai commencé par faire un bac arts appliqués à l'École Supérieure des Arts Appliqués et du Textile (ESAT) de Roubaix, puis j'ai intégré un BTS Stylisme à Tourcoing. J'ai donc fait mes deux années de BTS puis une troisième année appelée « Mode en duo » qui privilégiait les stages et les conférences. Cette dernière année était censée faciliter notre insertion professionnelle. Au niveau de mes expériences, j'ai tout d'abord fait deux stages à Camaïeu femme, puis chez une créatrice de lingerie parisienne, Fifi Chachnil, où je suis restée 4 mois et demi comme stagiaire, puis un mois en tant qu'assistante. Après je suis rentrée dans le nord et j'ai créé ma marque.

Comment s'est passée la création de votre entreprise ?

J'ai créé ma marque, Liliza, en 2003 mais je n'ai pas ouvert ma boutique tout de suite car je n'avais pas les moyens pour le faire. J'ai d'abord essayé de démarcher dans les boutiques afin de vendre mes vêtements mais sans réel succès car je n'avais pas encore de véritable collection aboutie. Alors j'ai demandé une subvention par le biais de Défi jeunes qui m'a accordé la somme de 9 000 €. Grâce à cela, j'ai pu acheter tout le matériel dont j'avais besoin : ordinateur, machine à coudre, mannequins, etc. Je suis alors passée devant la commission de sélection d'Innotex (en charge du projet Faubourg des Modes à Lille et Roubaix) qui m'a prêté l'argent pour financer ma première collection. Et j'ai enfin pu ouvrir ma boutique à Roubaix en mars 2006.

Et quel est le bilan aujourd'hui ?

Ca avance. Mais l'évolution est lente au niveau des rentrées d'argent et je ne peux pas encore me payer pour l'instant. Tous mes revenus sont dépensés dans le rachat des matières premières et un peu dans la communication aussi. Heureusement, Maison de mode, une branche d'Innotex, m'aide à payer le loyer de la boutique pendant un an. Sans cela je ne pourrais pas assurer pour l'instant. Mais je sens une nette évolution en ce qui concerne la notoriété ; je commence à me faire connaître et c'est plutôt gratifiant. Je travaille beaucoup et aujourd'hui j'ai pris un bon rythme : je sors deux collections par an et j'essaie de faire ma publicité en participant à des salons, comme celui de Londres qui aura lieu prochainement. Cela me permet de me faire remarquer dans le milieu et surtout d'essayer de vendre mes créations à des boutiques multimarques.

Comment organisez-vous votre travail au quotidien ?

La boutique est fermée le lundi. Cela me laisse du temps libre pour bouger, aller voir les fournisseurs et faire les achats dont j'ai besoin. Sinon je suis là tous les jours, dans l'atelier derrière la boutique. Je dessine les modèles, choisis les tissus et réalise les patrons mais je fais appel à des prestataires de service pour tout ce qui est production. Je travaille également en freelance pour La Redoute où je suis croquiste et infographiste. Je dessine de la lingerie masculine. C'est un moyen d'avoir un complément financier dont je ne pourrais me passer à l'heure actuelle.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

C'est ma passion pour le dessin qui m'a conduite naturellement à emprunter cette voie. Au début j'hésitais entre devenir professeur de dessin ou styliste. A force de croquer des figurines de mode sur mes cahiers d'école j'ai fini par me rendre à l'évidence : c'était styliste ou rien. Mais je ne voulais pas travailler dans un cadre industriel, je voulais faire mes propres vêtements. Même si l'idée de créer ma marque me paraissait utopique au début, les gens de mon entourage, et notamment Fifi Chachnil, m'ont soutenue et encouragée à mener à bien mon projet.

Quelle vision avez-vous de votre métier et quels en sont les avantages et inconvénients ?

Mon métier me permet de faire ce que j'aime. Même si j'ai quelques contraintes à respecter en ce qui concerne les saisons, le coût des tissus, etc., j'ai une totale liberté de création. En revanche, c'est vrai que ce n'est pas facile tous les jours. Je ne prends quasiment pas de vacances et les soucis financiers sont bien réels. Ce n'est vraiment pas évident de vivre de ce métier quand on démarre. Pour le moment, je ne pense pas pouvoir me donner de véritable salaire avant trois ou quatre ans.

Un mot pour ceux qui, comme vous, souhaiteraient créer leur propre marque ?

A mon avis, il est nécessaire de se forger une solide expérience professionnelle avant de vouloir créer sa marque. En cumulant les expériences, vous gagnez en crédibilité et vous savez à quoi vous attendre. Il ne faut surtout pas se précipiter et brûler les étapes car cela pourrait se retourner contre vous. Enfin, je pense qu'il est indispensable de se constituer un bon réseau pour se faire connaître et dénicher les bons plans : une fois que vous êtes entré dans le milieu, et si vous ne faites pas de faux pas, les portes s'ouvrent plus facilement.
R. J.23/01/07

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  • stage conseillère maquillage pro / Stage conventionné / 59000 Lille, 59100 Roubaix, 59200 Tourcoing, 59140 Dunkerque, 59500 Douai, 59300 Valenciennes, 59160 Lomme, 59155 Faches-Thumesnil, 59720 Louvroil, 62100 Calais, 62200 Boulogne-sur-Mer, 62300 Lens, 62500 Saint-Omer, 62950 Noyelles-Godault, 62231 Coquelles, 51100 Reims, 76600 Le Havre, 14000 Caen, 75000 Paris, 80000 Amiens, 02100 Saint-Quentin, 60200 Compiègne
  • conseiller(ère) en image maquillage professionnel / Stage conventionné / 59000 Lille
  • Stage esthétique / Stage conventionné / 62170 Montreuil