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Interview : Assistant français à l'étranger

Assistant français à l'étranger

Wilfried Rioul (23 ans)

Peux-tu, tout d'abord, nous décrire ton parcours ?

J'ai un parcours relativement classique puisque, depuis mon bac littéraire, j'ai toujours suivi un cursus en Lettres Modernes. Malgré tout, j'ai essayé de faire des choses assez variées : sports, cours de japonais et cours d'italien. Actuellement, je suis assistant en Angleterre, à Leicester, mais je continue mon Master 2 de Lettres Modernes en parallèle.

En quoi consiste ton activité d'assistant ?

Je m'occupe d'élèves de première et terminale qui doivent passer un diplôme national, le A level. Concrètement, la majeure partie de mon travail consiste en des séances de conversation. Parfois, les sujets me sont imposés par les professeurs, en fonction du programme national. Dans ce cas là, on me donne des thèmes du type « environnement » ou « loisirs »… je dois dire que, selon les sujets, c'est plus ou moins intéressant. Le plus souvent, je suis libre de choisir les thèmes que je vais aborder, et là je prends vraiment un réel plaisir à faire mes cours. J'essaye aussi de varier les manières de faire, je propose des jeux ou je parle de choses plus personnelles. Lors de mon premier cours, je leur ai fait faire un pendu avec les monuments français, et plus récemment, je leur ai parlé du Club Dorothée. Ca me permet de rebondir sur leur vision des choses, de les impliquer.

Selon toi, quelles sont les qualités pour être un bon assistant de langue ?

Je pense qu'être spontané est un élément essentiel. Nos cours doivent être dynamiques, alors si on est timide, ça ne fonctionne pas. Ce n'est pas forcément facile parce que les élèves n'osent pas vraiment prendre la parole par eux-mêmes. Il faut aussi être souriant, avoir de l'humour, ça permet d'instaurer un climat de confiance. Mais d'un autre côté, il faut savoir se faire respecter, surtout au début, quand on ne maîtrise pas complètement la langue.
Bien sûr, le sens de la pédagogie est également indispensable. Le niveau est généralement moyen, et encore, j'ai les meilleurs. Là où j'ai de la chance, c'est que je m'occupe d'élèves qui ont choisi d'apprendre le français. Quand on est affecté dans une école primaire, c'est autre chose.

Pourquoi as-tu décidé de partir en tant qu'assistant de langue ?

Avant tout, pour apprendre l'anglais, évidemment. Maintenant, je peux écrire « Anglais courant » sur mon CV. C'est aussi un pays que j'aime, j'y été déjà allé plusieurs fois, mais visiter, ce n'est jamais la même chose que d'y vivre. Leicester était mon premier vœu d'affectation parce que c'est une ville au cœur de l'Angleterre, très bien desservie vers Londres, mais également vers les autres grandes villes du pays.
Ce qui m'intéressait également, c'était de pouvoir m'essayer à l'enseignement. Cette expérience m'a permis de comprendre que même si c'est un métier très intéressant, je ne pense pas que je voudrais faire cela toute ma vie. Il vaut mieux s'en rendre compte avant de passer le CAPES.

As-tu hésité avec d'autres programmes pour partir à l'étranger ?

Oui, j'ai hésité avec Erasmus. Mais, même si la finalité reste la même, apprendre la langue, le cheminement est différent. Avec Erasmus, on doit poursuivre ses études, alors qu'en tant qu'assistant, en plus de la langue, on a une vraie expérience professionnelle. Peut-être que je ferai une année d'études à l'étranger par la suite. De toutes façons, je pars du principe qu'on en a la possibilité, alors il ne faut pas hésiter à tout tenter.

Quels sont les bénéfices de l'assistanat ?

Comme je l'ai déjà évoqué, la langue, évidemment. D'autant plus que j'aimerais assez que mon futur travail soit tourné vers l'international. Les Etats-Unis me tentent bien. Mais partir, c'est aussi une expérience humaine. J'ai rencontré beaucoup de gens de divers horizons. Leicester est une ville cosmopolite, quand je sors, je rencontre aussi bien des indiens que des asiatiques ou des espagnols. Quand on écoute les gens parler dans la rue, on a l'impression que tout le monde a un accent différent. Parmi les assistants français, qui sont une majorité là où je travaille, c'est aussi très diversifié. C'est un vrai patchwork de France à l'étranger. Et puis, je partage une maison avec trois Anglais, un Espagnol et un Danois. Quand on part pour une année d'assistanat, on rencontre des gens que l'on ne reverra certainement plus, mais qui nous apprennent beaucoup.

As-tu des conseils à donner à ceux qui seraient tentés par l'expérience ?

Sortir, ne pas hésiter à aller vers les autres. D'après mon expérience, les gens sont assez ouverts quand on est étranger, surtout quand on est français… même s'ils nous charrient sur nos « exploits » sportifs. Et puis, au travail, il ne faut pas hésiter à poser des questions à l'équipe enseignante, même s'ils sont toujours très occupés.
Dans tous les cas, il faut se laisser aller. N'importe qui peut le faire, il suffit d'en avoir l'envie.
M.I.25.02.08

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