Annuler

Interview : Grégory Sandt Directeur marketing chez Adictiz

13 mai
Pouvez-vous, vous présenter ?  Cela fait 20 ans que je travaille dans le marketing digital...
Grégory Sandt Directeur marketing chez Adictiz
Pouvez-vous vous présenter ? 

Cela fait 20 ans que je travaille dans le marketing digital principalement dans le domaine des jeux pour les marques, plus exactement les jeux marketing. Cela fait maintenant 2 ans et demi que j’ai rejoint Adictiz pour développer le marketing de l’entreprise, pour y développer la partie marketing de l’offre et marketing produit. Pour aussi évangéliser et démocratiser l’utilisation du jeu par les marques afin qu’elles puissent l’utiliser dans le cadre de leur stratégie marketing. J’ai un profil marketing un peu couteau suisse. 

Quel a été votre parcours ?

 Je suis allé à l’École Sup info-com de Valenciennes. J’ai toujours aimé la créa, le design et plus précisément le design au service de la marque comme étant un axe de développement de business important. Embellir les choses, faire en sorte que l’expérience soit plaisante pour moi cela passe par le design, le design thinking. Après Sup Info-com, j’ai commencé par monter ma propre entreprise dans le cadre d’un sujet de thèse d’un ami dentiste, j’ai créé ma première campagne de communication pour un laboratoire qui s’appelle SANOFI. Puis je suis rentré dans une boîte qui s’appelle Péoléo qui est une agence de pub digitale de la région pour développer l’activité marketing digital. J’y ai travaillé pendant 7ans, en tant que directeur artistique senior et je m’occupais de toute la partie conception et design de campagne. Puis je suis rentré chez Oxygem, pour développer une agence digitale dans le groupe qui est devenu Like interactive que j’ai dirigé pendant 10 ans, j’étais spécialisé dans les programmes d’acquisition de leads pour les marques, on se basait sur le jeu pour le faire.

Pourquoi avoir choisi ce métier ? 

Je ne me suis jamais trop posé la question ! Mais d’abord parce que j’ai fait une école qui était spécialisée dans les nouvelles technologies de l’image et du numérique, qui étaient la tendance de l’époque. Quand je suis rentré à Sup Info-com on parlait du numérique, du digital, internet était en train à peine de naître mais je sentais que c’était le truc qui devenait incontournable et c’était des métiers sur lesquels il fallait aller. J’aimais à la fois le monde de la pub et de la communication mais je n’ai pas fait le choix de faire une école de pub ou de com traditionnelle parce qu’à l’époque ces écoles ne parlaient même pas d’internet. De ce fait, j’ai fait le choix d’aller dans une école qui était dans la mouvance du numérique pour acquérir les bases d’une culture du digital. Quand je suis rentré chez Oxygem, c’est là que j’ai débarqué dans le monde d’internet puisque c’était une société spécialisée dans le média online et j’avoue que lorsque j’y suis rentré c’était une évidence ! C’était pour moi le monde dans lequel il fallait être, celui qui allait vraiment exploser. Il y avait un côté totalement inconnu, internet était vraiment en train d’émerger et il y avait tout à faire. Il y avait un côté défrichage super intéressant, il fallait construire le monde qui était en train de naître. Mon but a toujours été d’aider les marques à performer grâce l’innovation, à la technologie et à internet. 

Qu’est-ce qu’un jeu marketing ? 

Un jeu marketing est un jeu qui a vocation à créer du lien entre la marque et le consommateur au moyen d’un format divertissant, ludique, qui va permettre de capter de la donnée, d’engager des consommateurs et de développer les ventes de la marque. Le jeu se décompose en plusieurs parties. D’abord un formulaire d’inscription puis la partie In-Game, qui peut être un jeu d’action, un quizz, un sondage, il y a plein de gameplays différents. Ensuite, nous avons une page de résultat, « gagné » ou « perdu » ou une page de classement avec le score. Et enfin les écrans de partage pour ce que l’on appelle une recommandation. Un jeu marketing c’est un format publicitaire qui utilise les fondements du jeu. Tout le monde aime jouer, ainsi le jeu marketing propose une expérience divertissante soit à un client ou à un prospect de la marque. Cela va permettre de capter de la donnée qui va être utilisée par la marque pour développer son business. Le jeu marketing regroupe 3 objectifs : recruter de nouvelles bases, engager les communautés des marques et convertir les audiences en chiffre d’affaire.

Comment on conçoit un jeu marketing ?

Nous, globalement, notre métier c’est de concevoir un outil qui permet aux marques de créer elles-mêmes leur propre jeu. Nous avons remarqué que le jeu fait sur mesure est très cher et connaît toujours des problèmes. L’objectif pour nous est de simplifier l’utilisation du jeu et de baisser les coûts de production pour que les marques s’approprient ce format et qu’elles en fassent de plus en plus. Adictiz box est une plate-forme en ligne qui permet aux marques de créer elles-mêmes leurs jeux et sans passer par du développement informatique. C’est une interface simple qui propose un catalogue de 50 gameplays qui peuvent être choisis par la personne qui crée le jeu en fonction de son objectif. Nous avons des jeux de types « instant gagnant », des quizz, des jeux d’action comme des flappy bird, des concours photos, etc. Une panoplie de jeux très différents en fonction de ce que veut communiquer la marque auprès de sa communauté. A partir du choix du jeu,  le client choisit le template et il va pouvoir l’habiller aux couleurs de la marque, en intégrant les nouveaux assets graphiques dans la plate-forme pour que le jeu ressemble à la marque.

Les évolutions pour le jeu marketing ?

Cela fait 5 ans que nous travaillons sur ce secteur, nous sommes est en constante croissance. Nous sommes dans un monde du divertissement où les gens n’ont pas envie de passer leur temps sur des contenus ennuyeux qui ne sont ni interactifs, ni divertissants et qui ne leur apprennent rien. Le jeu aujourd’hui est en train de se répandre en devenant incontournable et ce n’est pas limité aux jeunes ! Même les seniors jouent. Chez Adictiz, on les appelle les Goomers, pour Gamers + Boomers. Les femmes aussi sont très représentatives puisque elles représentent 70% de l’audience sur nos jeux. De plus, les technologies évoluent, avec la réalité augmentée, la réalité virtuelle, les casques VR. Pour moi le jeu va encore s’accentuer, s’enrichir et devenir de plus en plus expérientiel.

 Quels conseils donneriez-vous pour quelqu’un qui souhaite faire ce métier ?

Pour faire un métier en marketing en Start up, il faut être très ouvert à la polyvalence, être à la fois stratège et opérationnel parce qu’on ne fait pas que de la stratégie quand on est dans une Start up, on met la main à la pâte. Il ne faut pas avoir peur de passer du mode très stratégie de marque, stratégie produit, à un mode où je dois créer ma campagne emailing. Il faut avoir l’esprit et les chakras très ouverts, la qualité principale de ce genre de métier c’est la curiosité. Il faut être curieux de ce qu’il se passe dans le monde, quelles sont les tendances de consommation, les nouveaux comportements des consommateurs, quelles sont les tendances émergentes, il faut anticiper, toujours être dans l’observation et la curiosité. C’est quelque chose qui doit être quotidien. Évidemment, il faut aussi être curieux de ses concurrents en étant tout le temps en veille des solutions concurrentes et des solutions indirectement concurrentes. Être créatif ! Un esprit créatif, cela ne veut pas dire graphiste mais créatif au sens marketing du terme. C’est-à-dire savoir utiliser la créativité pour valoriser le produit pour le faire évoluer. Et donc elle passe par l’imagination, l’observation, l’empathie.  C’est important de se mettre en mode utilisateur pour trouver de quoi une marque pourrait avoir besoin demain. Il faut donc être à l’écoute de ses propres clients en les mettant en mode co-construction, savoir créer des produits qui n’existent pas mais qui vont répondre à un besoin de marché.

NL

Grégory Sandt Directeur marketing chez Adictiz