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Dossier : Le harcèlement au travail

Le harcèlement au travail

Le Harcèlement au travail

Humiliations, sarcasmes, brimades, propositions indécentes, 2 millions de Français sont victimes de harcèlement sur leur lieu de travail, que ce soit par un supérieur ou par un collègue.

Le harcèlement moral

La notion de harcèlement moral est toute jeune puisqu'elle n'a été évoquée pour la première fois qu'en 1993 par un psychologue suédois, Heinz Leymann, qui employait alors le terme « mobbing » (to mob = molester) pour la décrire. En France, le phénomène est popularisé 5 ans plus tard grâce à la psychiatre et psychanalyste Marie-France Hirigoyen qui le révèle aux médias par l'intermédiaire de son livre Le Harcèlement moral.

Et ce n'est qu'en 2002 que ce concept fait son apparition dans le code du travail, développé dans le cadre de la loi sur la modernisation sociale. Le harcèlement morale est ainsi définit comme étant un comportement qui « se manifeste par des agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits de la personne du salarié au travail et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. »

Concrètement, le harcèlement moral peut prendre des formes diverses. Le harceleur peut refuser de communiquer avec sa victime, la menacer ou encore lui infliger des conditions de travail dégradantes ou humiliantes. Les conséquences pour la personne harcelée peuvent être graves et conduire à des troubles psychosomatiques ou encore à la dépression.

Les sanctions encourues pour un salarié ayant procédé à des agissements constitutifs de harcèlement moral peuvent aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

Le harcèlement sexuel

Au Moyen Âge, les seigneurs abusaient de leur pouvoir en s'octroyant le droit de coucher avec la femme de leurs vassaux ou de leurs serfs, la première nuit de leur noces. C'est ce que l'on appelait le droit de cuissage. Aujourd'hui, quiconque profite de sa position hiérarchique pour s'attirer les faveurs sexuelles de son employé(e) est puni par la loi. Les choses ont changé, certes, mais relativement tardivement puisque la loi pénalisant le harcèlement sexuel n'est en effet apparue qu'en 1992 !

Selon cette loi, il y a harcèlement sexuel quand une personne agit en vue d'obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d'un tiers. Dans ces conditions, aucun salarié ou candidat à un recrutement ne peut être sanctionné ou licencié pour avoir été victime ou pour avoir refusé de subir de tels agissements.

La pression exercée par le harceleur peut se manifester sous la forme de chantage à l'embauche ou encore par des menaces de représailles.

Là encore, le harceleur risque un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Il peut également être contraint de verser des dommages et intérêts à sa victime.

Le profil du harceleur

Que ce soit un homme ou une femme, l'agresseur n'agit jamais à découvert. En public, s'il s'agit d'un harceleur moral, il usera généralement de son charme et de ses facultés d'adaptation pour séduire son auditoire et se poser en victime. Avide de pouvoir et de reconnaissance, il aura tendance à s'acharner non pas sur une personne plus faible que lui, mais plutôt sur quelqu'un de plus lucide qui menacerait de lui faire de l'ombre.

Il semblerait que trois types de personnalité ayant des caractéristiques pathologiques prédisposent à devenir agresseur. On retrouve la plupart du temps des paranoïaques, des pervers narcissiques ou des obsessionnels. Mais qu'ils soient motivés par la méfiance, le désir d'assujettir autrui ou de contrôler l'environnement, leurs agissements entraînent souvent les mêmes résultats.

Que faire en cas de harcèlement ?

Souvent, la victime ne prend conscience de sa situation de personne harcelée qu'après une longue période de remise en cause, surtout lorsqu'il s'agit de harcèlement moral, assez délicat à détecter.

La première étape à suivre est d'analyser objectivement la situation. Vous devez d'abord vérifier si vous n'avez rien à vous reprocher ou si le motif du harcèlement ne découle pas d'un simple malentendu. Si tel était le cas, une discussion constructive avec le « harceleur » peut souvent arranger les choses.

Sachez également qu'avant tout contentieux, une procédure de médiation peut être engagée par vous ou par la personne mise en cause. Le médiateur doit alors être choisi par les deux parties qui lui donnent pour rôle de chercher à comprendre et apaiser les tensions.

Dans tous les cas, privilégiez la discussion avant d'employer les grands moyens. Vous devez faire face à votre agresseur, même si vous pensez ne pas pouvoir y arriver. Lui montrer que vous êtes prêt à vous défendre peut bien souvent le dissuader de continuer ses agissements. Réagissez froidement aux propos blessants qu'il pourrait vous tenir mais restez poli et courtois pour ne rien avoir à vous reprocher.

Si le problème ne peut se régler par la discussion, peut-être allez-vous être obligé de dénoncer la personne qui vous harcèle. Dans ce cas, il est important de bien vous préparer. L'idéal est de tenir un journal de bord dans lequel vous notez avec précision tous les gestes, paroles et attitudes dirigés contre vous. Cela vous permet de garder un œil sur l'évolution de la situation et de constituer un dossier de preuves.

Lorsqu'une personne est harcelée, elle a tendance à se couper du monde. Il est primordial de combattre cet état d'esprit et de rompre l'isolement dans lequel vous vous êtes enfermé. Vous devez attirer l'attention sur vous en interpellant les collègues en qui vous avez confiance et en cherchant un soutien moral auprès de vos proches.

Vous confier à un professionnel tel qu'un psychologue du travail peut également vous aider à y voir plus clair. Médecin, assistante sociale, syndicat ou direction des ressources humaines, de nombreuses personnes sont susceptibles de vous épauler et d'user de leur influence pour régler le problème.

Engager une procédure pénale peut en rebuter certains qui pourraient craindre d'éventuelles représailles. Mais que vous soyez victime ou témoin de harcèlement, gardez à l'esprit que la loi vous protège contre toute mesure discriminatoire, sanction ou licenciement.

R. J.