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Dossier : L'industrie a-t-elle encore un avenir ?

L'industrie a-t-elle encore un avenir ?
Malgré un recul du secteur ces dernières décennies, l'industrie française est toujours aussi forte de sa qualité et de son savoir-faire, reconnus dans le monde entier. Poids lourd de l'économie en France, elle fait travailler plus de 3,5 millions de collaborateurs dans 150 000 entreprises. Mais qu'est-ce-que l'industrie ?

L'industrie fait partie du secteur secondaire, et comprend toutes les activités économiques qui participent au processus de production de biens matériels. On distingue en général deux types d'industries : l'industrie manufacturière et les industries d'extraction. Elle est très hétérogène, et se trouve dans divers domaines : l'agroalimentaire, l'automobile, la chimie, pharmacie et cosmétique, la construction aéronautique, spatiale, ferroviaire et navale, et l'énergie. En France on peut même se vanter de posséder des entreprises leaders telles que EDF, AREVA, VEOLIA et Total en ce qui concerne l'énergie, L'Oréal pour la cosmétique ou encore Danone dans l'agroalimentaire.

Secteur à part selon les économistes, l'industrie joue un rôle stratégique en termes d'indépendance du pays. En effet, si on ne produit pas de biens industriels à l'intérieur du territoire, il faut nécessairement les acheter à l'étranger. Or si l'on délocalise la production, on délocalise aussi les services qui lui sont substantiellement attachés. C'est donc un secteur moteur d'emploi qui doit continuer de vivre.

Une ré-industrialisation

Penser que l'industrie est vieillissante est un leurre. Si elle a subi une perte de 36 % de ses effectifs entre 1980 et 2007, les politiques industrielles de ces dernières années lui permettent aujourd'hui de reprendre un nouveau souffle. L'accent mis sur les investissements en matière de recherche et développement, de soutien aux PME et de création de pôles de compétitivité (la combinaison, sur un espace géographique donné, d'entreprises, de centres de formation et d'unités de recherche publiques ou privées, engagés dans une démarche de partenariat destinée à dégager des synergies autour de projets innovants) a rendu possible l'émergence d'un renouvellement de l'offre industrielle orientée cette fois vers la haute technologie. Dans le cadre du programme du grand emprunt, sur les 35 milliards d'euros débloqués par l'Etat, 6,5 milliards ont ainsi été alloués aux entreprises innovantes.

Nouvelles technologies, numérique, nanotechnologies, éco-activités seront demain les fleurons de l'industrie française. Outre un changement de domaine d'intervention, on assiste également à une demande de qualification plus élevée des profils. Le blason de d'industrie s'en trouve ainsi redoré.

Des emplois plus qualifiés

Du fait d'une politique axée sur « l'industrie haut de gamme », ce sont les activités de plus forte valeur ajoutée qui subsistent sur le territoire. Alors les exigences de qualifications s'intensifient et ce seront à l'avenir les bacs pro et les BTS les plus prisés. La volonté d'améliorer la compétitivité passera aussi par l'augmentation des recrutements d'ingénieurs qualifiés. En 25 ans, le nombre d'ingénieurs et de cadres techniques est passé de 105 000 à 227 000 soit 15 % de l'emploi total des cadres selon l'Apec. Et, selon les chiffres du gouvernement, 20 % des créations d'emplois concerneront dorénavant les cadres. De plus, les entreprises du secteur, conscientes que les ingénieurs sont plus attirés par le milieu de l'audit et de la finance, pallient cet obstacle en proposant d'emblée des postes à grandes responsabilités, une chance qu'il ne faut pas hésiter à saisir.

S'il y bien des métiers auxquels l'apprentissage est particulièrement adapté ce sont les métiers de l'industrie. Le gouvernement a dans ce sens mis en place depuis 2011 un plan pour l'alternance avec pour objectif de passer de 600 000 jeunes en 2010 à 800 000 jeunes en formation en alternance dans le secteur en 2015, avec des formations pouvant aller jusqu'au niveau Bac +5.

Pour ce qui est de l'industrie haut de gamme, dans les départements de R & D (Recherche & Développement), les grands groupes recherchent même des niveaux Bac +8 pour rester à la pointe.

L'emploi des femmes dans l'industrie

Recherchées dans l'industrie, les femmes sont un réel besoin, dans les domaines de l'informatique, la physique, le transport ou le génie civil notamment. Pour le numérique, elles représentent 14 % des recrutements des cadres, et ne sont seulement que 5 % en recherche d'emplois. Quant au salaire, lui aussi est attractif : 44 000 euros brut médian selon une étude « mutationnelles ».