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Dossier : Hommes et métiers féminisés

Hommes et métiers féminisés
L'égalité homme-femme est un sujet qui défraie la chronique, mais l'évolution vers celle-ci a tendance à n'être considérée que dans un sens. Dans le monde du travail, on imagine que l'inégalité provient essentiellement d'une mauvaise intégration des femmes. Et pourtant les hommes aussi peinent à franchir les portes de certaines professions fortement féminisées.

Sage-femme, secrétaire, assistante maternelle, esthéticienne sont autant de professions qu'on a du mal à penser au masculin. Pourquoi les hommes désertent-ils certains secteurs ?

L'explication principale à cela, c'est le jugement de la société. S'il y a bien une égalité hommes-femmes, c'est devant les stéréotypes de genre au travail. Les hommes doivent être dynamiques, rudes et maintenir une position supérieure. Conséquences : S'ils intègrent les mêmes filières que les femmes, les hommes vont en revanche prendre leurs positions dans des spécialités plus réputées. On retrouve 82 % de filles dans les filières paramédicales, les hommes cependant moins nombreux obtiendront des postes plus qualifiés. A titre d'exemple 9 aides-soignantes sur 10 sont des femmes tandis que seulement 12 % des femmes sont chirurgiens.

Étrangement, d'après une étude du laboratoire de l'égalité en novembre 2011, il apparaît plus naturel de voir une femme exercer un métier dit d'hommes que l'inverse. A la question : Feriez-vous plus confiance à une femme assistante maternelle (métier féminisé à 99 %) qu'à un homme ? 44 % des interrogés répondent oui alors qu'à 85 % ils feraient autant confiance à un chirurgien s'il était une femme.

On constate tout de même, depuis quelque temps, un rééquilibrage des candidats. Concernant le secrétariat par exemple 45 % des demandes d'emplois proviennent d'hommes, de même pour la garde d'enfants avec une demande de 40 % émanant des hommes.

Des actions visant à masculiniser les professions se rependent de plus en plus. D'ailleurs, selon une étude L'ORSE (Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises) sur un échantillon de 165 accords sur ce thème, 40 sont dirigés en ce sens.

Comme actions, citons dans cette optique celles de l'entreprise BETC Euro RSCG qui intervient dans les écoles de commerce afin de favoriser la sensibilisation des hommes aux métiers de la communication (76 % des attachées presse sont des femmes). Fnac relais, dans un accord signé en 2010, prévoyait pour 2013 un objectif de 25 % d'hommes dans ses services clients contre 13 % à l'époque.

Chez Aéroports de Paris (ADP), les accords de 2003 et 2007 se sont intéressés aux agents commerciaux. Depuis, la proportion d'hommes a légèrement progressé et se situe à ce jour à 40 % (à l'inverse de l'ensemble de l'effectif d'ADP qui compte 60 % d'hommes). Pour attirer davantage d'hommes, l'entreprise s'est attelée à une promotion de ces métiers.

De plus en plus aussi, le désir de concilier vie professionnelle et familiale commence à s'exprimer chez les hommes et il devient difficile pour eux d'avancer en clivant les deux sphères. L'une des butées de la parité hommes-femmes dans le travail résulte encore de l'inégalité pères/mères dans la famille.