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Dossier : De l'imprimé à l'écran, l'industrie de la presse en péril ?

De l'imprimé à l'écran, l'industrie de la presse en péril ?
Que deviendra cette scène emblématique du grand-père prenant son café, le journal à la main ? Va-t-il un jour abandonner son précieux papier au profit de ces E-books, applications pour tablettes et mobiles, et réseaux sociaux ? Peut-être n'aura-t-il même pas le choix, car cette tendance à numériser les supports papiers se systématise. A tel point, que la plupart des journaux et des magazines ont désormais en complément de leurs éditions imprimées, une page sur la toile. Et parfois même, comme en témoigne le quotidien France soir et plus récemment La Tribune l'abandonne complètement. Avantage, on aura plus de place et moins de poussière sur nos étagères ! Mais passé cet aspect pratique, le numérique s'avère jouer un rôle néfaste sur les emplois liés directement ou indirectement à la presse.

Des métiers en voie d'extinction

Malgré une possible adaptation de certains emplois à ces nouveaux supports numériques, d'autres vont inévitablement disparaître. Car avant d'atterrir dans vos mains, chers lecteurs, les titres parcourent un long chemin, et permettent le fonctionnement de tout un secteur d'activité.

Afin de saisir l'impact de la dématérialisation de la presse dans toute sa globalité, retraçons le processus de création de vos titres préférés.

D'abord, l'imprimerie. C'est ici que les titres voient le jour. C'est un secteur qui à l'origine est fortement lié à l'édition. Mais du fait de la numérisation, ces liens se distendent, et si la diffusion de ces produits de l'imprimerie ne cesse de s'éroder, encore -2,26% en 2011, selon l'Organisme de diffusion de la presse (OJD) cette activité disparaitra.

Après leurs impressions, les supports papiers sont réceptionnés par des messageries. Leur rôle consiste à trier et répartir les titres dans les réseaux des dépositaires qui à leur tour les conduisent vers les kiosques. Conséquence logique, la diminution de l'impression et de la vente des titres se répercute sur l'activité des messageries. La baisse structurelle des ventes de presse, toutes filières confondues, estimée à 6% chaque année, a engendré de sévères répercussions sur l'activité de l'entreprise Presstalis, l'une des deux messageries françaises avec MLP (messagerie lyonnaise de presse). Elle assure à ce jour 75% de la distribution de la presse française, et suite à un récent redressement judicaire pas moins de 1 200 employés ont été licenciés sur un effectif total de 2 500.

Continuons avec la troisième étape, l'arrivée chez les dépositaires. Ils assurent la livraison des journaux qui leurs ont été confiés par la messagerie dans les points de vente de détail de presse. Manifestement, cette activité n'existe que par le maintien des ventes de titres papiers.

Au bout de cette chaine, on trouve votre kiosque habituel, là où seront vendus les titres. Eux, non plus n'échappent à cette crise, les chiffres parlent d'eux-mêmes, il existait 40 000 diffuseurs en 1952 et aujourd'hui environ 28 500.

Et pour les journalistes, ça change quoi ?

Le journaliste trouve les informations, les développe, les analyse minutieusement pour en faire un article pertinent. C'est ce qui, classiquement distingue sa production d'une simple dépêche. S'il peut a priori adapter son activité à ces nouveaux médias, elle devra faire face à une concurrence redoutable dans le monde virtuel. Internet est qualifié de média hyper-réactif car ce support permet de diffuser instantanément les informations, alors si le journalisme veut conserver sa raison d'être il devra redoubler d'effort quant à la qualité de ses rédactions puisqu'il ne pourra décemment pas suivre le rythme de diffusion de ce nouveau média. Ce qui paraît donc inévitable c'est une forme de précarisation de la profession.